Marie Millet

Focus sur le pôle Activations Commerciales avec Marie Millet

MARIE MILLET : « ON NE FAIT JAMAIS DEUX FOIS LA MÊME CHOSE »

Directrice des opérations du pôle Activations commerciales de l’agence MAGNITUDE, Marie Millet a grandi avec l’agence presque autant que l’agence a grandi avec elle. Arrivée en 2020 lorsque l’équipe tenait encore dans un très petit bureau et travaillait essentiellement pour un seul client, elle pilote aujourd’hui une équipe de 13 personnes et accompagne simultanément une quinzaine de projets. Management, organisation, efficacité, remise en question permanente : Marie aime faire progresser les autres autant que les projets. Avec, toujours à portée de main, un café pour les visioconférences importantes et, après une semaine bien remplie, quelques sushis pour remettre les compteurs à zéro.

Quel est exactement ton rôle chez MAGNITUDE aujourd’hui ?

Marie Millet : Je suis Directrice des opérations du pôle Activations commerciales. Mon rôle est aujourd’hui avant tout managérial et organisationnel.

Le pôle compte 13 personnes et je manage directement les gestionnaires de comptes. Mon travail consiste donc à les accompagner, aussi bien dans leur management que dans le pilotage opérationnel de leurs projets.

L’autre grande partie de mon métier concerne l’organisation et la gestion du pôle : répartir la charge de travail, définir les priorités, améliorer nos process, déterminer qui pilote quel compte et faire en sorte que l’ensemble fonctionne de la manière la plus fluide et efficace possible.

Quel parcours t’a menée jusque-là ?

Marie Millet : J’ai suivi mes études à l’IÉSEG, une école de commerce assez généraliste, à Paris. J’ai ensuite commencé ma carrière dans la gestion de projets.

Je suis partie en Australie, où j’ai travaillé à la Chambre de commerce sur l’organisation d’événements et de projets pour des entreprises. Puis j’ai rejoint la Fédération Française de Tennis. Le tennis étant une vraie passion pour moi, travailler dans cet univers était évidemment assez extraordinaire.

Je suis arrivée au sein de l’agence MAGNITUDE en juillet 2020. À l’époque, nous étions trois ou quatre dans l’entreprise et nous travaillions essentiellement avec un seul client.

Ce qui est assez exceptionnel dans mon parcours, c’est d’avoir pu participer à quasiment toutes les étapes de construction d’une entreprise : le recrutement des équipes, la structuration des pôles, les changements de locaux, la mise en place d’un CSE, l’évolution des méthodes de travail… À 30 ans, je sais que je n’aurais probablement pas eu cette expérience aussi rapidement dans une entreprise déjà très structurée.

À quoi ressemble une journée type pour toi ?

Marie Millet : Il n’y en a pas vraiment ! La gestion de projet dépend énormément de la phase dans laquelle on se trouve.

À certaines périodes, notamment avant le lancement de nombreux dispositifs, mes journées sont très orientées préparation et construction. Lorsque les opérations sont déployées, je passe davantage de temps dans le suivi, l’analyse des performances et l’accompagnement des responsables de compte.

Mais s’il fallait trouver un fil rouge, ce serait le temps passé avec mes équipes. J’essaie de comprendre leurs difficultés, de les conseiller et surtout d’identifier les endroits où elles perdent inutilement du temps.

Je passe donc aussi beaucoup de temps à réfléchir aux outils et aux façons de travailler : comment simplifier une tâche ? Comment gagner en efficacité ? Comment permettre à quelqu’un de consacrer davantage de temps à ce qui crée réellement de la valeur ?

Qu’est-ce qui te stimule le plus dans ton métier ?

Marie Millet : Voir les évolutions.

Nous recrutons beaucoup de profils juniors, qui arrivent parfois en stage ou en alternance. Voir une personne commencer avec peu d’expérience puis devenir autonome, prendre des décisions et piloter un compte important, c’est extrêmement stimulant.

C’est la même chose avec nos clients. Certains ont commencé avec nous sur de petits dispositifs et font aujourd’hui partie des principaux comptes de l’agence. Quand un client nous dit qu’il souhaite continuer, développer le dispositif ou nous confier d’autres projets, c’est évidemment très gratifiant.

Ce sont ces deux formes de progression qui me motivent : voir grandir les collaborateurs et voir grandir la confiance des clients.

Et qu’est-ce qui est le plus difficile ?

Marie Millet : Probablement réussir à adapter mon management à chaque personne.

Je travaille avec des profils très différents : certains sont très juniors, d’autres beaucoup plus autonomes, certains commencent à peine tandis que d’autres sont déjà confirmés. Je ne peux pas manager tout le monde de la même manière.

Il faut comprendre ce qui va stimuler chacun, comment lui donner confiance, comment le faire progresser. Ce qui peut être frustrant, c’est lorsque je n’arrive pas à trouver la bonne façon d’accompagner quelqu’un aussi loin que je le souhaiterais.

Je considère alors que je dois aussi me remettre en question. Le management n’est jamais uniquement une question de personne managée : le manager doit constamment chercher la bonne clé.

Justement, as-tu une obsession professionnelle ?

Marie Millet : Se challenger. Toujours.

Joséphine me l’a tellement répété que c’est profondément ancré chez moi… et maintenant, je le répète à mon tour à mes équipes !

Notre environnement change constamment : le contexte économique, les stratégies des marques, les attentes des consommateurs, les budgets, les magasins… Nous ne pouvons donc pas nous permettre de reproduire exactement le même dispositif d’une année sur l’autre.

Nous avons parfois des projets récurrents, mais mon principe est simple : on ne fait jamais deux fois la même chose.

Cela ne signifie pas qu’il faut tout révolutionner à chaque fois. Parfois, la différence tient à un nouvel indicateur, une nouvelle information remontée au client, une organisation différente ou une évolution du planning. Mais il faut toujours chercher ce petit élément qui nous permettra de rester pertinents.

Qu’est-ce qui t’a le plus forgée professionnellement ?

Marie Millet : Être plongée très tôt dans le grand bain.

Quand je suis arrivée chez MAGNITUDE, j’ai presque immédiatement dû recruter et piloter 50 ou 60 personnes. J’ai donc été confrontée très rapidement à la dimension humaine de notre métier : des personnalités différentes, des imprévus, des problèmes à résoudre, des recrutements à réaliser parfois dans l’urgence…

Cela m’a énormément appris.

Aujourd’hui, pour manager les responsables de compte, je pense qu’il est essentiel d’avoir vécu ce qu’ils vivent eux-mêmes. Je connais la réalité de leur quotidien parce que je suis passée par là.

Si tu devais expliquer MAGNITUDE en une phrase ?

Marie Millet : Nous aidons les marques à booster leurs ventes en construisant des dispositifs adaptés à leurs besoins, avec beaucoup de personnalisation et surtout énormément de réactivité.

Qu’est-ce que MAGNITUDE fait particulièrement bien ?

Marie Millet : Je dirais d’abord la réactivité. Nous avons déjà construit et déployé des projets en deux semaines parce que le besoin du client l’imposait. Dans ces moments-là, tout le monde se mobilise.

Ensuite, nous avons développé une vraie expertise du recrutement. C’est assez amusant, car très peu de personnes chez MAGNITUDE viennent à l’origine des ressources humaines. Nous avons appris, construit des process, sécurisé nos méthodes et développé une véritable compétence collective.

Or, dans notre métier, le recrutement est absolument déterminant. Le bon profil représente une immense partie de la réussite d’un dispositif.

Enfin, sur le pôle Activations commerciales, nous avons un fonctionnement très particulier : le projet est suivi par la même personne de A à Z.

Le responsable de compte avec ses équipes recrute les animateurs, les forme, échange avec les magasins, les accompagne pendant le dispositif et analyse ensuite les performances. Dans beaucoup d’autres organisations, ces différentes étapes sont réparties entre plusieurs services.

Nous avons volontairement fait un choix différent : conserver un interlocuteur unique permet d’assurer une vraie continuité, mais aussi de créer une relation beaucoup plus forte avec les équipes terrain. C’est aussi pour cela que beaucoup d’animateurs reviennent travailler avec nous saison après saison.

Tu viens du sport. Est-ce toujours ton univers de prédilection ?

Marie Millet : De cœur, forcément ! J’adore le tennis, mais aussi le sport en général. Ses valeurs me parlent et je pratique moi-même régulièrement.

Lorsque j’ai rejoint l’agence MAGNITUDE, l’agence était très orientée sport. Nous nous sommes ensuite beaucoup diversifiés, notamment dans le bricolage, la tech ou encore la mode.

Cela a représenté un vrai défi. Il a fallu apprendre, comprendre de nouveaux marchés, acquérir une légitimité et développer notre expertise. Aujourd’hui, je suis justement très fière que nous soyons capables d’accompagner des marques dans des univers extrêmement différents.

Quel problème les marques viennent-elles principalement vous demander de résoudre ?

Marie Millet : Souvent, un manque de présence ou de visibilité en magasin.

Nos clients évoluent dans des univers très concurrentiels. Dans un rayon, leur marque peut se retrouver entourée de cinq, dix concurrents ou davantage. L’enjeu est donc évidemment de vendre, mais aussi d’exister.

Les dispositifs d’activation commerciale permettent de donner une voix à la marque. Les promoteurs présentent les produits, leurs technologies et leurs bénéfices, mais ils transmettent aussi l’univers et les valeurs de la marque aux vendeurs comme aux consommateurs.

Il y a donc un enjeu de sell-out, bien sûr, mais aussi de préférence et de visibilité de marque.

Le retail a-t-il beaucoup changé depuis ton arrivée chez MAGNITUDE ?

Marie Millet : Énormément.

Il y a encore quelques années, certaines règles étaient presque immuables. Le samedi concentrait l’essentiel du trafic et il était assez facile d’identifier les meilleurs jours pour activer une marque.

Le Covid, le développement du télétravail et évidemment la progression du e-commerce ont profondément changé les comportements. Aujourd’hui, nous pouvons obtenir de très bons résultats en semaine.

Les parcours sont beaucoup moins linéaires. Il est également devenu plus difficile de faire venir les consommateurs en magasin puisqu’ils peuvent acheter en ligne très facilement.

Le magasin conserve pourtant de vrais atouts : l’immédiateté, le conseil, la possibilité de voir ou tester le produit. Mais les anciennes recettes sont devenues beaucoup moins automatiques. Il faut observer beaucoup plus finement les comportements.

Comment vois-tu l’avenir de l’externalisation commerciale ?

Marie Millet : Très positivement.

Les marques ont de moins en moins de temps et rencontrent davantage de difficultés à recruter. Or, piloter des équipes, les former, les accompagner et analyser leurs performances nécessite du temps et une expertise particulière.

C’est précisément la raison pour laquelle elles viennent nous voir : elles n’ont pas toujours les ressources internes, le temps ou le savoir-faire nécessaire pour gérer ces dispositifs.

Je pense donc que le recours à des spécialistes externes va continuer à se développer.

Sur quoi les marques devront-elles progresser à l’avenir ?

Marie Millet : Sur l’anticipation.

Nous sommes régulièrement confrontés à des décisions prises très rapidement, qu’il s’agisse des stocks, des collections ou du déploiement d’un dispositif terrain.

Nous savons être très réactifs, mais davantage d’anticipation permet toujours de construire quelque chose de plus robuste, plus cohérent et plus performant.

Qu’attends-tu d’un manager au sein de ton équipe ?

Marie Millet : Qu’il se challenge.

Sur certains projets, nous pouvons travailler cinq ans avec la même marque, dans le même magasin et parfois même avec le même animateur.

Si nous n’apportons rien de nouveau, notre valeur ajoutée finit forcément par diminuer.

J’attends donc des managers qu’ils cherchent en permanence comment aller un peu plus loin : nouveaux KPI, nouvelles informations remontées au client, recommandations sur le planning, amélioration de la relation avec les magasins…

La question doit toujours être : qu’est-ce qu’on peut encore améliorer ?

As-tu un rituel de management auquel tu tiens particulièrement ?

Marie Millet : Oui, notre point collectif du lundi.

Nous sommes 13 dans le pôle et il est finalement assez rare de réussir à réunir tout le monde. Entre les rendez-vous clients, les entretiens et le télétravail, nos agendas sont très éclatés.

Tous les lundis, nous prenons donc un temps ensemble et ce rendez-vous ne saute jamais.

Chaque personne présente son projet, ses avancées, ses fiertés et ses difficultés. Les autres peuvent alors partager une expérience similaire, une solution ou une bonne pratique.

C’est un moment d’information, mais surtout de partage. Les projets étant assez segmentés, cela permet également de savoir ce qui se passe ailleurs dans le pôle, de créer du lien et de nourrir la curiosité de chacun.

De quoi es-tu la plus fière aujourd’hui ?

Marie Millet : De voir ce qu’est devenu l’agence MAGNITUDE.

Quand je suis arrivée, nous étions quatre dans un petit bureau et nous gérions essentiellement un projet. Aujourd’hui, mon seul pôle peut piloter quinze ou seize opérations simultanément.

Mais ce dont je suis peut-être encore plus fière, c’est que nous ayons réussi à grandir sans perdre notre état d’esprit.

La taille de l’entreprise a changé, les projets se sont multipliés, beaucoup de personnes nous ont rejoints, mais il reste cette très bonne entente et cette proximité entre les équipes.

Je pense que nous avons réussi à transmettre ce que nous avions construit au démarrage, et c’est précieux.

Et qu’est-ce qui peut vraiment t’agacer professionnellement ?

Marie Millet : Le manque d’efficacité.

Notre métier est extrêmement rythmé. Une journée peut être faite d’une multitude de petites tâches qui doivent toutes avancer rapidement.

Lorsque l’organisation n’est pas suffisamment rigoureuse, il est très facile de perdre le fil et d’avoir soudain le sentiment d’être submergé.

Je suis donc très attentive à la façon dont nous structurons le travail. L’objectif n’est évidemment pas de demander aux équipes d’aller toujours plus vite, mais de leur permettre de travailler plus intelligemment et de consacrer leur énergie aux bons sujets.

Quel rapport entretiens-tu avec les engagements ESG de MAGNITUDE ?

Marie Millet : Au départ, j’étais assez sceptique.

Notre activité peut sembler difficile à concilier avec certains enjeux environnementaux ou sociaux : nous recrutons beaucoup, nous travaillons avec de grandes marques, nos équipes se déplacent…

Et justement, ce que j’ai apprécié dans la démarche de l’agence MAGNITUDE, c’est qu’elle ne repose pas sur de grands discours.

Il s’agit plutôt d’une multitude de petites actions concrètes dans notre quotidien. Pour moi, c’est là que la démarche prend tout son sens : dans l’action davantage que dans la déclaration d’intention.

La boîte à questions

Ton rituel avant un rendez-vous important ?

Marie Millet : Un café. Toujours. Je sais parfaitement que le café posé à côté de moi ne va pas décider de la réussite de la visioconférence, mais j’ai presque l’impression qu’il manque quelque chose si je ne l’ai pas !

Ton super-pouvoir ?

Marie Millet : Mon adaptabilité.

Ton talon d’Achille ?

Marie Millet : J’accorde parfois un peu trop facilement ma confiance.

Si MAGNITUDE était un objet ?

Marie Millet : Un bouquet composé de nombreuses fleurs différentes, toutes épanouies à leur manière.

Et si MAGNITUDE était une série ?

Marie Millet : The Office. Mais dans sa version où les gens ont vraiment plaisir à travailler ensemble !

La phrase que tu ne veux plus entendre à la fin d’une réunion ?

Marie Millet : « Encore deux petites minutes pour un dernier sujet. » Parce que, généralement, ce fameux dernier sujet dure beaucoup plus que deux minutes !

Ton plus grand luxe professionnel ?

Marie Millet : Être contente de venir travailler le matin parce que j’aime retrouver mon équipe. Et avoir suffisamment de confiance de la part de ma hiérarchie pour être très autonome dans mon organisation et mes choix.

Ton combo idéal après une grosse semaine ?

Marie Millet : Des sushis. Sans hésitation.

Le meilleur conseil professionnel que l’on t’ait donné ?

Marie Millet : Régis me disait souvent : « Fais-toi confiance. Si tu as un feeling, il n’est probablement pas là par hasard. »

Toujours avoir raison ou toujours convaincre ?

Marie Millet : Toujours convaincre.

Ta définition du succès ?

Marie Millet : Réussir à emmener les gens là où ils veulent aller et à les faire progresser pour qu’ils puissent y parvenir.

Une raison de rejoindre MAGNITUDE ?

Marie Millet : Parce qu’on peut être exigeant, progresser énormément et avoir de vraies responsabilités… tout en étant sincèrement content de venir travailler le matin.

Marie résume finalement assez bien ce qui caractérise MAGNITUDE : une culture de l’exigence sans rigidité, où l’autonomie va de pair avec la confiance et où la progression collective reste un moteur central. Six ans après son arrivée, son parcours raconte aussi celui d’une entreprise qui a grandi vite sans renoncer à ce qui faisait sa force au départ : l’humain, la proximité et l’envie de toujours faire un peu mieux.