Joséphine CAILLEMER Directrice Générale agence Magnitude

Joséphine Caillemer prévient d’emblée : “Il faudra enjoliver, je ne sais pas me vendre.” Et pourtant, elle n’a pas besoin d’effets de manche. Sa trajectoire parle d’elle-même. Chez Magnitude, elle a tout fait, ou presque : l’opérationnel des débuts, le management “au fil de l’eau”, la structuration des services, l’office management, une partie des sujets RH… jusqu’à prendre naturellement la direction générale d’une entreprise qui a changé d’échelle sans renier son ADN. Elle raconte ici ce qui l’anime, ce qu’elle protège, ce qu’elle refuse, et sa conviction profonde : dans le retail, l’humain restera toujours la vraie différence. Interview. 

Avant toute chose, quel est votre rôle exact chez Magnitude aujourd’hui… et qu’est-ce que vous faites vraiment au quotidien ? 
Joséphine Caillemer : Mon rôle a beaucoup évolué. Quand on a créé l’agence Magnitude, nous étions seulement Régis Lauprete et moi dans l’opérationnel. On n’avait pas vraiment le choix : il fallait tout faire.

Au départ, j’étais donc très opérationnelle : je gérais aussi bien la production que les fonctions transverses (data, RH, office management, IT…). Puis les équipes ont grandi. J’ai recruté, formé, managé, structuré… et progressivement, nous avons construit des pôles et des fonctions transverses.

Aujourd’hui, mon rôle est davantage de donner le cap, de m’assurer que les équipes ont tout ce qu’il leur faut pour avancer, et d’accompagner les moments clés.

Avec le recul, c’est une vraie force : ça m’a donné une vision très complète de l’entreprise.

À quel moment vous êtes-vous dit : “Magnitude peut devenir une référence sur son marché” ? 
Joséphine Caillemer : Je pense que je l’ai vraiment réalisé lorsque nous avons passé le cap des 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour moi, le plus dur, c’est de faire les “premiers” 5 millions et de le faire si rapidement : construire les outils, les process, les équipes, les références, le savoir-faire. Une fois que c’est fait, tout va plus vite : tu es davantage sollicité, tu entres enfin dans les processus d’appels d’offres, tu en gagnes plus, et tu as plus de crédibilité. 

Vous avez un exemple qui illustre bien cette capacité à “prendre” un défi et à le relever ? 
Joséphine Caillemer : Oui, et c’est un souvenir très fondateur : ASICS. Ils nous appellent un matin (c’était seulement quelques mois après la création de Magnitude), on avait déjà fait quelques petites opérations avec eux. Et là, ils nous disent : “On va avoir 180 magasins pour la rentrée des classes. Vous savez faire ou pas ?”

À ce moment-là, nous n’étions que deux, et nous avions seulement quelques semaines pour exécuter, avec près de 180 profils à recruter et à déployer.

On a dit oui… et on l’a fait. Et on travaille toujours avec notre client aujourd’hui.

Au fond, ça résume bien notre façon de fonctionner : on accepte les défis, on s’organise, on met les moyens… et on apprend en avançant.

Revenons un peu sur votre parcours. Est-ce que vous aviez “prévu” de faire ce métier ? 
Joséphine Caillemer : Pas du tout! Je sortais d’études et je commençais ma recherche d’emploi. On m’a contactée sur LinkedIn. On m’a proposé trois jours d’intérim. J’y suis allée… et ça a commencé par une mission pour Apple. Trois jours sont devenus un CDD de 3 mois, puis un CDI. Je suis restée quatre ans. 

J’ai initialement été “formatée” pour faire du marketing produit : j’avais eu des expériences chez L’Oréal et L’Occitane en Provence. Donc j’étais d’une certaine façon engagée dans cette voie. Et en réalité, je n’aimais pas. Je ne me sentais pas utile.

En prenant ces missions en agence de force de vente externalisée, j’ai découvert un environnement où ça allait vite, où il fallait être concret, où j’étais dans l’action, où l’humain étais au cœur du système et où je prenais du plaisir. 

Qu’est-ce qui a été votre déclic professionnel ? 
Joséphine Caillemer : Ce qui a été décisif, c’est que je sentais que j’étais à ma place. Je progressais vite et j’avais de bons résultats. Très tôt, j’ai exercé des responsabilités importantes. Ça m’a d’autant plus surprise que mes premières expériences professionnelles m’avait fait perdre confiance en moi. Je sortais d’environnements très élitistes où on te renvoie que tu n’es “pas assez” ceci ou cela. 

Quand tu passes dans un contexte où, au contraire, tu délivres, tes clients sont contents, ton équipe grandit, ta direction te fais confiance. Là, tu comprends que ce n’est pas un hasard. Tu es à ta place. Et à partir de là, tout s’accélère.

En devenant dirigeante, qu’est-ce que vous avez dû désapprendre ? 
Joséphine Caillemer : À “ne pas faire”. Ce n’est pas simple. J’ai une exigence très forte, et j’aime l’opérationnelle et faire.

Mais quand tu diriges, tu n’as plus le temps. Tu dois accepter de ne pas être dans l’exécution, et ça peut être frustrant. Mon travail, c’est d’aligner, de cadrer, de donner les moyens, de sécuriser. Et parfois, oui, je replonge dans l’opérationnel, parce que c’est nécessaire. Mais ce n’est plus le cœur de mon quotidien. 

Est-ce qu’il y a eu un moment “dur” qui vous a rendue meilleure ? 
Joséphine Caillemer : Le tournant, c’est la croissance. Quand on grandit, on doit aller chercher des profils à l’extérieur, sur des niveaux plus élevés, alors qu’on avait beaucoup construit avec des personnes juniors qui grandissaient avec nous. Ce changement, je ne l’avais pas mesuré à ce point. Recruter autrement, intégrer des profils force de vente plus expérimentés, gérer des attentes différentes, des méthodes différentes… ça oblige à être plus structurée, plus rigoureuse, et parfois plus ferme. 

Si vous deviez expliquer Magnitude en 30 secondes à un prospect, vous diriez quoi ? 
Joséphine Caillemer : Magnitude, c’est une entreprise encore à taille humaine, extrêmement agile, qui place réellement l’humain au cœur de ses réflexions. Pas comme un slogan, mais comme une manière de travailler. On a une proximité forte avec les équipes, un suivi réel des projets : bien sur avec des outils de pilotage performant mais surtout à travers l’accompagnement, l’écoute, la disponibilité. 

Et c’est une société qui se développe, avec des ambitions, et qui se donne les moyens de les tenir. 

Selon vous, qu’est-ce que Magnitude fait mieux que beaucoup d’acteurs du marché ? 
Joséphine Caillemer : Le recrutement. C’est le point de départ, et tout part de là.

On ne fait aucune concession : nos process sont très rigoureux, et on y accorde une attention toute particulière pour trouver les bons profils pour chaque mission. Le recrutement comporte toujours une part d’aléa, ce qui nous oblige à être d’autant plus exigeants et impliqués. On se le doit pour atteindre les résultats attendus par nos clients et les représenter au mieux sur le terrain.

Parce qu’on sait que si on rate cette première étape, on pourra déployer tous les efforts possibles en formation ou en management, ça ne suffira pas.

Quel problème récurrent chez les marques résolvez-vous le plus souvent ? 
Joséphine Caillemer : Beaucoup d’entreprises savent ce qu’elles veulent dans les grandes lignes, mais peu savent où, comment, avec quels magasins, quel ciblage, quel budget réellement déployable. Notre rôle est justement de transformer une intention en plan réalisable, avec une copie claire. 

À l’inverse, y a-t-il des sujets que vous refusez ? 
Joséphine Caillemer : Nous refusons aussi les projets “commissionnés” où le client imagine que nos équipes sont des agents commerciaux rémunérés à la commission. Nos équipes ont des salaires fixes et nos coûts sont fixes : il y a encore de l’évangélisation à faire sur ce sujet. 

Et personnellement, je suis très vigilante sur les projets de “hard-selling” où je ne crois pas au produit et où l’avantage concurrentiel est quasi inexistant. Parce que c’est épuisant, et ça ne crée ni performance durable, ni fierté. 

Quelle est, pour vous, la signature de Magnitude ? 
Joséphine Caillemer : L’excellence de l’exécution et l’humain au cœur du système : des bons recrutements, un bon suivi, un bon reporting. Et cette capacité à représenter une marque sur le terrain “comme si c’était fait en interne”, au bon niveau d’exigence. Les managers reçoivent régulièrement des messages de satisfaction et de remerciement, et c’est précieux parce que ce n’est pas si fréquent dans notre métier. 

Qu’est-ce qui rend votre approche difficile à copier ? 
Joséphine Caillemer : Comme je le disais, nous ne faisons aucune concession sur les fondamentaux de notre métier : le recrutement, mais aussi la formation, le management et la mesure d’impact. Nous investissons fortement sur chacun de ces piliers, avec un haut niveau d’exigence, en nous challengeant régulièrement pour être toujours plus solides.

Nous sommes aussi attentifs aux conditions dans lesquelles nos account managers exercent leurs missions, pour que les équipes sur le terrain soient bien accompagnées.

Et puis, avec Régis Lauprete, nous restons très opérationnels : nous ne sommes pas des dirigeants déconnectés. On peut mettre les mains dans le cambouis dès qu’il le faut, et aider vite.

Enfin, nos chefs de pôle sont très solides. Au final, ça crée un ensemble à la fois homogène et cohérent.

Si on “ouvre le capot” : comment passez-vous d’un brief à une exécution réussie ? 
Joséphine Caillemer : L’important, c’est le cadrage. Nous vendons ce que nous allons faire, et ensuite nous faisons ce que nous avons vendu. Il y a très peu d’inconnus, parce que nous avons appris à poser les bonnes questions et à construire un plan réaliste. 

Pour vous, c’est quoi une mission réussie ? 
Joséphine Caillemer : C’est quand le client a le sentiment d’avoir externalisé une partie de sa marque… sans perdre en qualité. C’est quand l’équipe terrain incarne la marque au bon niveau, et que la relation est fluide : sereine, propre, bien gérée, rassurante. Et c’est aussi notre capacité à réagir vite, à proposer des solutions et à agir quand il le faut 

Comment garantissez-vous la qualité quand ça scale, sur de gros volumes ? 
Joséphine Caillemer : Nos process sont très maîtrisés, et surtout mesurés. On s’appuie sur un outil de production interne qui centralise RH, planning, reporting, qualification et paie, ce qui nous permet de piloter efficacement, même sur de gros volumes.

Aussi, nous avons des référentiels : à telle date, nous savons quel taux de couverture nous devons atteindre, nous savons avec précision quelles étapes doivent être franchies, à quel moment appeler les magasins, quel volume d’investissement interne est nécessaire, quel rythme de recrutement tenir. C’est réglé comme du papier à musique. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’aléas, mais ça veut dire que savons les absorber, et que l’ensemble tient. 

Un détail opérationnel que les clients sous-estiment souvent ? 
Joséphine Caillemer : La transparence. Nous sommes très transparents, parfois même plus que ce que certains ont connu ailleurs. Dans nos outils, nous ne modèrons pas les résultats : un intervenant répond, le client voit immédiatement. Et sur le terrain, s’il se passe quelque chose de problématique, nous alertons immédiatement. Nous ne cachons rien sous le tapis. Nous partageons le diagnostic, le plan d’action, les options. Ça demande du courage, et ça demande d’assumer, mais c’est ce qui construit la confiance. 

Qu’est-ce qui va changer dans votre métier dans les 2–3 prochaines années ? 
Joséphine Caillemer : Il y a beaucoup d’attentes autour de l’IA, notamment sur le recrutement et la formation. Évidemment, il y a des choses à prendre : nous en avons déjà mis en place, et nous testons actuellement des solutions. Mais je reste convaincue que notre métier restera profondément humain. On ne recrute pas bien, on ne forme pas bien, on ne manage pas bien uniquement avec des outils numériques. Le magasin physique restera essentiel, et le besoin de conseil et d’expérientiel sera encore plus fort. Avec toutes les transformations de la consommation, l’exigence sur la qualité des personnes en contact avec les consommateurs va continuer à grimper, pas descendre. 

Votre conviction à contre-courant, si vous deviez en garder une ? 
Joséphine Caillemer : Justement ça : la techno ne remplacera pas le savoir-faire humain sur le terrain. Dans un restaurant, si le serveur est désagréable, tu ne reviens pas. Pour une marque, c’est pareil. L’expérience vécue “dans la vraie vie” ne se remplace pas. 

Boîte à questions 

Quelle est votre règle d’or lorsque vous recrutez ? 
Joséphine Caillemer : J’ai changé. Avant, je valorisais beaucoup le soft-skill : la personne sympa avec qui j’ai envie de travailler. Ça a contribué à construire une très bonne ambiance au sein de l’agence. Aujourd’hui, je veux d’abord être certaine que la personne est excellente : rigueur, exigence, expertise. Le soft-skill vient ensuite. 

Qu’attendez-vous d’un account manager chez Magnitude ? 
Joséphine Caillemer : Qu’il soit complet. Un account manager doit maîtriser plusieurs briques : recruter, manager, comprendre vite un client, être rigoureux dans l’analyse, être réactif, flexible. Ce n’est pas un métier “à moitié”. 

Un rituel dans votre quotidien de dirigeante ? 
Joséphine Caillemer : Ce n’est pas un rituel, mais je m’impose une chose : toujours garder le sourire. Même quand c’est dur, je traverse le couloir avec de l’énergie. Je veux qu’on puisse avoir de l’autodérision, qu’on puisse rire, qu’on puisse dédramatiser une difficulté, tout en la traitant sérieusement. 

Qu’est-ce qui vous rend le plus fière aujourd’hui ? 
Joséphine Caillemer : Voir les équipes grandir, s’épanouir et trouver leur place.

Ce qui me rend vraiment fière, c’est de me dire qu’on permet à des personnes de s’épanouir dans leur travail, qu’elles sont bien chez nous, qu’elles prennent du plaisir dans ce qu’elles font et qu’elles montent en compétences. On les voit évoluer, gagner en autonomie, en confiance… et se projeter dans la durée. Et surtout, se dire qu’on peut encore les emmener plus loin. C’est ça, au fond, qui me fait le plus plaisir et me rend fière.

Professionnellement, qu’est-ce qui vous met en colère ? 
Joséphine Caillemer : Le manque de lucidité et l’absence de remise en question. Quand quelqu’un est en difficulté et que tout est “la faute des autres”, que rien n’est jamais de sa responsabilité, c’est très compliqué. On grandit dans la difficulté, en se donnant du mal, en se remettant en question. Rester dans sa zone de confort sans curiosité ni effort, ça n’emmène nulle part. 

Si Magnitude était un film ? 
Joséphine Caillemer : Nos jours heureux. Parce qu’il y a de l’adaptation, parfois des imprévus, beaucoup de rigolade… et à la fin, tout le monde avance et les équipes sont fières. 

La phrase que vous ne supportez plus en réunion ? 
Joséphine Caillemer : « Ça ne me dérange pas ». Parce que ça ne dit rien. On ne sait pas si la personne est vraiment alignée, si elle a des réserves ou si elle n’ose pas les exprimer. C’est une réponse un peu passive, sans réel engagement. Je préfère quand les positions sont claires, même si on n’est pas d’accord, parce que c’est comme ça qu’on avance vraiment, vite et sans ambiguïté.

Votre plus grand luxe au quotidien ? 
Joséphine Caillemer : Le temps.

Le temps de discuter avec les équipes, de prendre le temps avec chacun, d’échanger vraiment. Pas seulement sur les sujets opérationnels, mais aussi de manière plus informelle. Pouvoir rigoler, papoter, créer du lien… sans être toujours pressée par l’horloge.

Votre combo “reset” après une grosse semaine ? 
Joséphine Caillemer : Quand je suis avec ma famille, je coupe.  

Le conseil le plus utile qu’on vous ait donné ? 
Joséphine Caillemer : Ne faire d’impasse sur les collaborateurs à fort potentiel. Le plus important, c’est de bien s’entourer. Mieux vaut prendre le temps de recruter les bonnes personnes et vraiment les accompagner, plutôt que de faire des compromis. Ce sont elles qui tirent les équipes vers le haut.

La chose la plus inattendue qu’on pourrait trouver sur votre bureau ? 
Joséphine Caillemer : Mon trophée Koh-Lanta, offert par l’équipe quand je suis partie en congé maternité pour mon 3ème enfant. 

Votre définition du succès ? 
Joséphine Caillemer : Avoir un plan, des ressources, et y mettre les conditions pour y arriver. 

Et pour finir : une punchline qui donnerait envie de bosser avec Magnitude ? 
Joséphine Caillemer : Viens, ça va être bien ! 

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