Philippe Rossignol DirCo associé agence Magnitude

Interview de Philippe Rossignol, directeur commercial associé et bien plus

Philippe Rossignol a une manière très à lui d’entrer dans une conversation : un pas de côté, une touche d’ironie, puis une plongée nette dans le concret. Chez Magnitude, il est à la fois actionnaire historique, homme de commerce, figure de la formation… et “vieux sage” officieux que certains viennent consulter quand une décision mérite un regard d’expérience. Un rôle hybride, assumé, avec une ligne jaune bien définie : contribuer, sans jamais marcher sur les plates-bandes de ses associés. Derrière l’humour et les formules, on découvre surtout deux obsessions très sérieuses : Une trésorerie saine et la satisfaction client. Rencontre. 

Vous avez un rôle un peu “à part” chez Magnitude. Comment vous le décririez, simplement ? 
Philippe Rossignol : Mon rôle est simple à dire et compliqué à résumer. Quand Régis (Président & fondateur) m’a parlé de son projet, j’y ai tout de suite cru et je suis immédiatement rentré au capital. Au début, j’étais actionnaire “sleeping partner”, surtout là pour accompagner le lancement et faire bénéficier l’équipe de mon expérience d’entrepreneur. Et puis, très vite, j’ai eu envie de repasser à l’opérationnel, avec une idée très claire : je ne ferai que du commerce. Et ça, ça n’a jamais bougé. 

Aujourd’hui, concrètement, quelles sont vos missions au quotidien ? 
Philippe Rossignol : Officiellement, j’ai deux grands sujets : le commerce et la formation. La formation parce que c’était mon métier. J’ai co-dirigé un cabinet de formation et de chasse de tête pendant 23 ans, et j’ai naturellement structuré ce volet chez Magnitude en faisant venir des consultants, puis en internalisant des dispositifs. Après, comme Magnitude grossit, il y a des rôles qui se rajoutent “par la force des choses” : recruter de nouveaux animateurs, monter un dispositif de formation interne pour les managers avec l’OPCO, chercher un DRH à temps partagé, aider sur des sujets de communication interne, ou même des tâches très terre-à-terre comme repenser les bureaux et tout ce qui va avec les relations avec le syndic… Et puis il y a ce rôle informel que j’aime bien : certains managers viennent me voir pour prendre un avis. C’est aléatoire et je trouve ça sympa. 

Vous parlez souvent d’une “ligne jaune” : vous contribuez, mais vous ne vous considérez pas dirigeant. 
Philippe Rossignol : Exactement. Et c’est une des raisons pour lesquelles notre “mariage” avec Joséphine Caillemer et Régis Lauprete se passe bien. Je ne me considère pas du tout comme un dirigeant de Magnitude. Je suis consulté, je donne mon avis, mais si Régis et Joséphine sont d’accord entre eux, alors il n’y a pas de sujet : je m’aligne. Il n’y a pas de querelle d’ego. Je ne veux pas prendre la place de Régis, ni imposer mon expérience. Le piège, dans beaucoup d’associations, c’est de tomber dans la caricature du type “moi j’ai dirigé pendant 23 ans, donc j’ai raison”.  On a une complémentarité qui fonctionne parce qu’elle est saine. 

Justement, qu’est-ce que vous avez dû “désapprendre” en passant d’une posture de dirigeant à une posture d’associé très actif, mais non dirigeant ? 
Philippe Rossignol : Tout. (Rires) Au début, ça pose des questions : tu vois des décisions et tu te dis “moi, je n’aurais pas fait comme ça”. Pendant 23 ans, j’ai dirigé en binôme avec mon associé Thierry : on décidait tout ensemble. Là, tu es davantage dans un rôle de consultant : tu conseilles, tu proposes, mais tu ne prends plus la décision. Et franchement, je l’ai très bien vécu. Aujourd’hui, je m’en régale… parce que ce n’est pas moi qui prends le stress que mes associés doivent supporter. Ça me va très bien. 

Vous avez aussi joué un rôle dans la communication interne et la dynamique RSE, non ? 
Philippe Rossignol : Sur la RSE, je dirais que Joséphine Caillemer et Elise Tran ont beaucoup piloté. Moi, j’ai fait le show, surtout. (Rires) En revanche, oui, j’ai poussé très tôt un sujet : la communication. Quand je suis arrivé opérationnellement en 2020, j’ai fait un rapport d’étonnement et je leur ai dit : “Vous avez des super clients, et vous cachez ça. C’est dommage!” Et j’ai mis en place une réunion mensuelle interne, pour partager la vie de l’entreprise. Je fais un peu le “lien” interne, et c’est dans ce cadre-là que j’ai porté des sujets, dont la RSE. 

À quel moment vous êtes-vous dit : “Magnitude peut devenir une référence sur son marché” ? 
Philippe Rossignol : Très vite. Quand tu démarres avec des clients comme ASICS, PUMA, RAY BAN, tu te dis déjà qu’il y va se passer quelque chose de fort. Ensuite, j’ai découvert la qualité des équipes. Chez Magnitude, j’ai découvert des gens brillants, des outils solides, une dynamique forte… Je me suis dit : “OK, on n’a pas de limites.”  

Votre parcours avec Régis, c’est une histoire longue. Comment vous vous êtes rencontrés ? 
Philippe Rossignol : Je l’ai connu… enfant. J’ai d’abord rencontré son frère à 13 ans, et Régis était “le petit frère” qui nous suivait dans toutes nos aventures. On a fait la fête, on a grandi, et on ne s’est jamais perdus de vue. Ça fait 47 ans qu’on se connaît. Notre amitié est indestructible. C’est un socle énorme : il n’y a pas besoin de jouer un rôle. 

Vous avez parlé “d’obsessions” professionnelles. Les vôtres, ce sont lesquelles ? 
Philippe Rossignol : J’en ai deux : la trésorerie et la satisfaction client. La trésorerie, parce que j’ai vécu des tempêtes dans mes aventures entrepreneuriales précédentes. J’ai aussi vu de belles sociétés se fracasser sur une crise de croissance mal gérée : un trou d’air, et si tu n’as pas de trésor de guerre, tu meurs. Donc je suis obsessionnel sur le cash, la capacité à encaisser les aléas, à ne pas se mettre en risque. Et l’autre obsession, c’est la satisfaction client : si ton client est content, il parle de toi, il est fidèle, tu ne gères pas son mécontentement. C’est le nerf de la guerre. 

Sans entrer dans la dramaturgie : est-ce que vous avez vécu un moment dur professionnellement qui vous a rendu meilleur ? 
Philippe Rossignol : Oui. Se séparer de personnes. Pas “virer parce que tu es mécontent”, ça c’est désagréable mais c’est dans l’ordre des choses. Le pire, c’est quand quelqu’un travaille très bien, que tu l’apprécies, et que tu dois le laisser partir parce que tu es pris à la gorge financièrement. C’est atroce. Et puis il y a des périodes où tu doutes : “On est mauvais ? On est nuls ? Pourquoi ça ne marche pas ?” Et après, ça remonte. Ces phases-là te rendent plus lucide, plus prudent, plus solide. 

Si vous deviez expliquer Magnitude en 30 secondes à un client, vous diriez quoi ? 
Philippe Rossignol : Je dirai que nous avons la capacité à améliorer vos ventes, en quantité et en qualité. Et à le faire de façon pilotée : des équipes terrain solides, une exécution propre, et une lecture claire de ce qui marche. 

Quelles sont, selon vous, les 3 choses que Magnitude fait mieux que la plupart des acteurs du marché ? 
Philippe Rossignol : Le recrutement, la réactivité et la force de proposition face aux imprévus — je n’aime pas ce mot, mais l’agilité. Le reporting aussi. On ne livre pas simplement de la data. Nous livrons de la data intelligente et exploitable. Quand on présente nos outils, les clients ont souvent «la mâchoire qui tombe» tellement ils ne s’attendaient pas à un tel niveau de qualité. 

Quel est le problème récurrent chez les marques que vous résolvez le plus souvent chez Magnitude ? 
Philippe Rossignol : La rassurance. Beaucoup de marques ont déjà externalisé et ont été déçues, ou n’ont jamais fait et ont peur. Nous arrivons à les rassurer, à les mettre en confiance. Je pense à certains interlocuteurs qui, au début, étaient très prudents, très tendus… et puis, à force de produire un travail de qualité pour eux, on devient “de la famille”. Ça, c’est très puissant. 

Qu’est-ce qui rend Magnitude difficile à copier ? 
Philippe Rossignol : Il y a un ADN, un style, des profils. Et surtout une culture : sérieux sans se prendre au sérieux, avec des dirigeants plutôt humbles, et ça se ressent dans le management et dans la relation client. Et puis, on est encore à taille humaine : nos clients sont chouchoutés. Ça fait une réelle différence. 

Si on “ouvre le capot” : comment passez- vous d’un brief à une exécution réussie ? 
Philippe Rossignol : En posant beaucoup de questions! En ne se satisfaisant pas des informations transmises. En étant curieux, en allant sur le terrain, en vérifiant la réalité. Et ensuite, ce n’est pas “un sachant” qui fait tout : c’est un groupe projet, une complémentarité d’intelligence qui se challenge. Avec toujours un fil rouge : la satisfaction client et la rentabilité. Combien ça coûte, combien ça rapporte. S’il y a un risque ou une ambition irréaliste, nous le disons tout de suite, nous proposons des alternatives, nous testons, nous apprenons, puis nous industrialisons. 

Justement, comment garantissez-vous la qualité quand ça scale, sur de gros volumes ou sur plusieurs zones par exemple ? 
Philippe Rossignol : Nous ne bradons pas nos prix… donc nous ne bradons pas nos process. Nous avons déjà perdu des appels d’offres parce que nous étions plus chers, et le client nous a dit : “vos process sont top, mais vous êtes plus chers.” Oui, et c’est assumé. Sur l’animation par exemple, nos concurrents envoient un mail à un fichier d’animateurs et ça s’arrête là. Chez Magnitude, nous appelons personnellement les animateurs, nous les briefons, nous vérifions qu’ils sont aptes, qu’ils ne vont pas nous lâcher pendant la mission, nous prévenons le magasin, nous faisons en sorte qu’ils soient attendus, nous appelons après, nous contrôlons le reporting… Il y a plein d’étapes invisibles. Le client voit le vendeur, les chiffres et le reporting. Il ne voit pas tout ce qui a été fait pour que ça marche. La bonne qualité requiert tout ça. 

Une erreur classique des marques que vous corrigez souvent ? 
Philippe Rossignol : Sur la formation, elles arrivent souvent avec des tombereaux de PowerPoint en disant “il faut tout dire”. Et c’est trop lourd. Notre travail, c’est de trier, d’alléger, de rendre actionnable. Sinon, un classique : c’est le manque d’anticipation. Beaucoup sous-estiment le temps nécessaire, surtout pour des opérations d’animation terrain. 

Comment voyez- vous évoluer le marché pour les deux prochaines années ? 
Philippe Rossignol : Je ne suis pas prospectiviste. Mais ce que je vois, c’est que l’externalisation des forces de vente a le vent en poupe, et qu’elle s’étend à des secteurs où on ne l’attendait pas. Nous montons des équipes sur des univers très différents. Notre métier est adaptable, le champ des possibles est monumental. Les entreprises cherchent vitesse, souplesse, sécurité… et aussi à se décharger de sujets RH très lourds. 

Et selon vous, sur quels points les marques doivent-elles devenir meilleures ? 
Philippe Rossignol : L’expérience client. Ce n’est pas encore assez compris. En retail, il faut que le client sorte “plus riche” qu’en entrant : avoir appris quelque chose, avoir vécu une histoire, avoir créé du lien. Il y a des marques qui le font très bien, comme Rituals. Et ça passe par la formation, le recrutement, le management… ainsi que par la capacité à raconter des histoires. Même une anecdote simple — comme expliquer ce que signifie ASICS — ça peut illuminer le regard d’un client. Et ça, ce n’est pas un site web qui le proposera! 

Pour quoi aimeriez-vous que Magnitude soit reconnue dans les prochaines années ? 
Philippe Rossignol : Notre capacité à tenir nos engagements et les objectifs. En d’autres termes, apporter 100% de satisfaction client. 

Avez-vous une conviction un peu à contre-courant ? 
Philippe Rossignol : Il faut donner du temps au temps. On ne conquiert pas un marché en trois mois. Beaucoup de clients sont impatients. Mais les résultats solides demandent du temps. 

Vous parlez souvent de “management”, mais vous dites aussi que vous n’êtes plus dans l’opérationnel. Comment vous résumez votre vision ? 
Philippe Rossignol : J’ai trois fondamentaux. Une équipe heureuse, c’est une équipe qui peut 1) s’exprimer, 2) comprendre, 3) être comprise. S’exprimer : donner la parole, laisser contester, permettre d’être créatif. Comprendre : donner les clés de la stratégie, des décisions, des règles du jeu. Et être compris : en réalité, être reconnu, valorisé, accompagné. Si un manager fait ça bien, il peut emmener ses équipes où il veut! 

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier chez Magnitude ? 
Philippe Rossignol : Avoir une croissance rentable avec les mêmes personnes. Le chiffre d’affaires, la marge… j’adore. (Rires) Mais surtout : le faire avec des équipes fidèles, engagées, épanouies, fières de leur entreprise. Ça, c’est l’éclate ! 

Professionnellement, qu’est-ce qui vous met en colère ? 
Philippe Rossignol : Le marchandage de tapis ! Le client qui renégocie tout, tout le temps, alors qu’il a acheté une qualité et des process. Et aussi les gens qui refusent de parler, de décrocher, de se laisser approcher. Moi je réponds toujours : si ça ne m’intéresse pas, je dis non poliment en 15 secondes. Mais parfois, il y a une opportunité, un bon profil, une rencontre utile. 

Boîte à questions 

Le mot que vous utilisez trop au travail ? 
Philippe Rossignol : Le thé. Je bois des litres de thé tous les jours ! 

Votre super-pouvoir ? 
Philippe Rossignol : Je crois que je suis indestructible ! (Rires) 

Si Magnitude était un objet ? 
Philippe Rossignol : Une boîte à outils. 

Si Magnitude était un film ? 
Philippe Rossignol : Le Loup de Wall Street ! (Rires) Non, non, on n’est pas comme ça chez Magnitude. 

La phrase que vous ne supportez plus en réunion ? 
Philippe Rossignol : “C’est bon, on fait comme on a dit”… surtout quand il n’y a pas eu de suivi. Quand je sors de réunion, je veux savoir qui fait quoi, quand, comment, pourquoi. 

Votre plus grand luxe au quotidien ? 
Philippe Rossignol : Écrire. (NDLR: Philippe a publié le roman Le Passeur aux éditions Le Lys Beu. A retrouver ici : https://www.fnac.com/a19948998/Philippe-Rossignol-Le-passeur)  

Votre combo “reset” après une grosse semaine ? 
Philippe Rossignol : Un bon restaurant en famille, sans téléphone qui sont interdits! Nous nous retrouvons à quatre, on parle, on partage. 

Le conseil le plus utile qu’on vous ait donné ? 
Philippe Rossignol : “Ne perds jamais de vue le terrain.”  

Toujours avoir raison ou toujours convaincre ? 
Philippe Rossignol : Toujours convaincre! 

Une chose inattendue que nous pourrions trouver sur votre bureau ? 
Philippe Rossignol : Une machine à thé “magique” offerte par mes enfants. Elle a changé ma vie! (Rires) 

Votre définition du succès ? 
Philippe Rossignol : Il faut qu’il y ait du plaisir, du collectif et du commercial. Donc, un dossier gagné en équipe qui fait grandir l’agence. 

Une punchline qui donnerait envie de travailler avec les équipes de Magnitude ? 
Philippe Rossignol : Venez prendre du plaisir dans une entreprise en croissance, avec des clients prestigieux et des équipes enthousiastes. 

Envie d’en savoir plus sur nos métiers de la force de vente externalisées et sur la façon dont Magnitude construit la performance “terrain” avec des process exigeants et une culture