Geoffrey Oriol parle comme il manage : avec calme, précision, et une attention constante à ceux qui font vraiment tourner la machine. Responsable de la force de vente chez Magnitude, il accompagne les account managers et sécurise la performance des programmes sur le terrain, qu’il s’agisse de chefs de secteur, de commerciaux, de visual merchandisers ou de formateurs. Son fil rouge n’est pas un mot à la mode : c’est la confiance. Celle qu’il transmet à ses équipes pour qu’elles se sentent capables, solides, et fières de livrer — avec un niveau d’exigence élevé, mais jamais déshumanisé. Rencontre.
Quel est votre rôle exact chez Magnitude aujourd’hui… et qu’est-ce que vous faites vraiment au quotidien ?
Geoffrey Oriol : Mon rôle, c’est d’accompagner l’ensemble des account managers qui gèrent les différents comptes clients liés à la force de vente. Concrètement, je suis là pour m’assurer que les projets avancent bien, que tout est maîtrisé, et que, si ça dévie, on mette en place des actions correctives rapidement.
Ma semaine est rythmée par des points réguliers avec chacun de nos account managers. Et puis, il y a une partie plus “stratégique” avec les appels d’offres, les sujets qui prennent plus de temps parce qu’il y a une difficulté sur un programme, les arbitrages à prendre, et l’accompagnement sur la manière de piloter. Je suis également très présent sur les lancements de projet. Enfin, je continue à aller sur le terrain car même si je ne manage plus directement les équipes terrains, c’est là que tout se passe et il est important dans mon rôle de ne pas être déconnecté de la réalité.
Dans votre quotidien, qu’est-ce que vous préférez ? Qu’est-ce qui vous stimule le plus ?
Geoffrey Oriol : Ce qui m’anime le plus, c’est de voir mes équipes gagner en confiance. Quand tu sais que ton manager te soutient, qu’il est derrière toi, mais qu’en même temps il te fait confiance, tu as tendance à être meilleur. Donc, ce que je préfère, c’est ce moment où tu sens une progression : un account manager qui au départ a besoin de cadre, puis qui prend de plus en plus de place, et qui finit par gérer un projet de A à Z, avec assurance.
Et à l’inverse, qu’est-ce qui est le plus difficile ou le plus pénible ?
Geoffrey Oriol : Sans hésitation, c’est de devoir se séparer d’un profil qui a fait du bon travail, qui s’est investi, mais qui doit partir parce que la mission s’arrête ou parce qu’il y a une réorganisation chez le client. Ça arrive. Et même quand tu sais que c’est la décision logique, ça reste une situation lourde, parce que tu as quelqu’un en face qui a donné, et à qui tu dois annoncer que ça s’arrête.
Quel a été votre “déclic” pour faire ce métier ? Racontez-nous votre parcours.
Geoffrey Oriol : Je n’ai pas eu de déclic au sens “métier de rêve”. J’étais plutôt bon élève, mais à 18 ans, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Donc j’ai fait une fac d’économie et le système public français m’a permis d’être diplômé d’un master en économie avec une spécialisation en économie de sport sans dépenser beaucoup d’argent. Je suis diplômé d’un master en économie, avec une spécialisation en économie du sport sur la dernière année. Ensuite, je suis parti en Angleterre pour perfectionner mon anglais. Je rentrais chaque été pour travailler en amont, pendant et après le tournoi à Roland Garros.
Après ça j’ai eu l’opportunité d’entrer chez Adidas via un concurrent de Magnitude, et j’ai commencé sur le terrain en tant que chef de secteur sur une création de poste. Nous étions 3 au départ sur l’IDF et nous avons construit le programme qui a connu une expansion au national avec de nouveaux chefs de secteur qui nous ont rejoint. J’ai travaillé deux ans et demi en ile de France puis six mois à Montpellier. Mes missions : formations produits techniques en distribution sportive, testings produits dans les clubs, animations de challenges vendeurs, visual merchandising et accompagnement des commerciaux sur les journées d’achat.
Ensuite, mon manager est parti et j’ai été promu. J’ai managé l’équipe pendant deux ans. Nous avons fusionné plusieurs catégories dont le football et le running et j’avais à la fin une vingtaine de chefs de secteur en gestion. Une belle aventure humaine !
Et en 2021, vous rejoignez Magnitude.
Geoffrey Oriol : Oui. Adidas a changé de stratégie, en basculant beaucoup vers le digital, et ils ont supprimé leurs forces de vente sur le terrain. Au même moment, en pleine crise de la Covid, Magnitude m’a fait une proposition. J’ai commencé en travaillant sur le compte de Puma, puis j’ai évolué jusqu’à devenir responsable de la force de vente. Je dirai que j’ai grandi et évolué en même temps que l’entreprise.
Est-ce que vous avez une “obsession” professionnelle ?
Geoffrey Oriol : Oui : la confiance. Mon obsession, c’est de transmettre un maximum de confiance à mes équipes pour qu’elles soient performantes. Je pense que la performance vient aussi de là : sentir qu’on a de la marge de manœuvre, qu’on est soutenu, qu’on peut prendre des décisions… et qu’on a le droit d’apprendre et aussi de faire des erreurs.
Qu’est-ce qui vous a “forgé” ?
Geoffrey Oriol : Ce qui me caractérise, c’est plutôt mon parcours personnel. Je viens d’un milieu populaire : j’ai été élevé par ma maman, qui n’avait pas beaucoup de moyens. Ça m’a ancré une chose : rien n’arrive tout seul. Depuis mes 16 ans, je travaille l’été. Et parmi les jobs étudiants, il y a eu : caisse et mise en rayon en grande surface alimentaire, cueillette d’abricots, serveur. Ça marque. Et je crois que ça se retrouve dans ma manière d’être : travailler, se donner les moyens, et progresser.
Pour vous, Magnitude, en une phrase, c’est quoi ?
Geoffrey Oriol : Magnitude, c’est avant tout de l’expertise humaine et des personnes investies pour satisfaire les clients à 100 %, avec une ligne de conduite qui est bienveillante et exigeante à la fois. On peut croiser à l’inverse : on est bienveillants avec nos équipes, mais on est exigeants avec eux pour que la satisfaction des clients soit optimale.
Quelles sont, selon vous, les 3 choses que Magnitude fait mieux que beaucoup de concurrents ?
Geoffrey Oriol : J’ai une règle d’or : ne jamais dénigrer la concurrence, parce que les autres font sûrement des choses très bien. Néanmoins, je dirais d’abord la transparence. On voit nos clients comme des partenaires : on ne leur cache rien, et ça crée une relation de confiance très forte.
Ensuite, la complémentarité des personnes : les expertises se complètent, et ça se ressent dans la manière de piloter.
Et puis le soin qu’on met dans chaque dossier. Chaque client est traité comme un client important, pas comme “un de plus”. Il y a une personnalisation réelle, et une attention continue.
Et j’ajoute un point qui me tient à cœur : la manière dont on traite nos équipes sur le terrain. Pour moi, ce ne sont pas des pions qu’on place. Ce sont des personnes qu’on accompagne, qu’on écoute, qu’on fait grandir. À la fin, c’est elles qui font le travail au contact avec les consommateurs, donc on doit les respecter, les soutenir, et les mettre dans les bonnes conditions.
Avez-vous un univers de marques “de prédilection” ?
Geoffrey Oriol : Oui, clairement, le sport. Je viens du sport, ça m’anime depuis tout petit ! Je connais très bien la distribution sportive. Mais avec l’évolution de mon poste chez Magnitude, je touche à beaucoup d’univers différents, et j’apprécie aussi travailler sur d’autres secteurs. Le sport reste mon ADN, mais j’ai élargi.
Quel est le problème récurrent chez les marques que vous résolvez le plus souvent ?
Geoffrey Oriol : On apporte souvent des solutions autour de la sectorisation optimisée, de l’approche distributeurs, et des ajustements en cours de projet grâce aux remontées du terrain. Notre mission est aussi d’écouter le terrain, de traduire ce qu’il remonte, et d’aller voir nos clients en leur expliquant : “nous avons un nouveau paramètre, il faut ajuster le plan.” Cette capacité d’adaptation fait partie du métier et est très appréciée.
Qu’est-ce qui a le plus changé dans le retail et la vente ces 5 dernières années ?
Geoffrey Oriol : D’un côté, il y a l’évolution des comportements des consommateurs, avec l’essor de la vente en ligne et des acteurs comme Amazon, Vinted… Le retail physique doit se réinventer pour donner envie de venir en magasin, alors que tout est disponible en un clic.
Et de l’autre, il y a l’évolution du rapport au travail, surtout chez les nouvelles générations. Ce n’est ni “mieux” ni “moins bien”, c’est différent. Le travail n’est plus forcément aussi central, et les loisirs, l’équilibre de vie ont pris plus d’importance. En tant que manager, tu dois t’adapter : comprendre chaque profil et ajuster ton management, pour que les collaborateurs soient bien, et donc performants.
Comment vous voyez l’avenir de l’externalisation de la force de vente ?
Geoffrey Oriol : Plutôt positivement. Les entreprises font appel à nous pour de l’expertise, mais aussi pour un gain de temps : elles n’ont pas forcément les ressources pour gérer toute cette force humaine. Et comme le retail doit se réinventer, il y aura un besoin croissant de personnes compétentes sur le terrain pour incarner les marques et faire vivre une expérience client forte. Dans ce contexte, les marques auront besoin d’agences partenaires comme Magnitude.
Selon vous, sur quoi les marques vont devoir être meilleures à l’avenir ?
Geoffrey Oriol : L’expérience client. Pour faire venir en magasin des générations qui consomment beaucoup sur Internet, il faut proposer autre chose que “produit + prix”. Ça passe par l’expérientiel, l’événementiel, des mises en avant fortes, et surtout des vendeurs très calés, capables d’avoir une vraie discussion et d’apporter un niveau de conseil que tu n’auras jamais derrière ton écran. L’humain, plus l’expérience : c’est ça qui fera revenir.
Est-ce que vous avez une conviction “à contre-courant” sur l’avenir ?
Geoffrey Oriol : Je ne crois pas qu’une machine remplace un humain, que l’IA va remplacer l’être humain partout. Même si la société est de plus en plus connectée, les interactions humaines restent essentielles. La Covid l’a montré : quand on coupe les relations, il y a un vrai besoin de revenir vers les autres. On le voit aussi avec le télétravail : beaucoup sont contents de revenir en entreprise pour l’ambiance, les échanges, les collègues. Et dans notre métier, vendre, former, faire vivre une expérience, ça restera profondément humain.
Quelle est votre règle d’or quand vous recrutez ?
Geoffrey Oriol : Je m’intéresse d’abord à la personne : son parcours, comment elle en est arrivée là, pourquoi elle a fait certains choix. Je trouve que c’est comme ça qu’on apprend le plus sur quelqu’un et qu’on peut se projeter. J’aime aussi regarder l’à côté, les passions, les jobs étudiants, tout ce qui dit de la personnalité, de comment la personne s’est construite. Enfin, l’énergie qu’elle dégage est importante.
Qu’attendez-vous d’un manager chez Magnitude ?
Geoffrey Oriol : J’attends d’un manager de la transparence, de l’écoute et un côté inspirant. J’ai la chance d’avoir avec Joséphine une personne qui me challenge. On peut parler de tout, et même si nous ne sommes pas d’accord, on est capable de se le dire et c’est ce qui permet d’avancer. Pour le côté inspirant, elle a des qualités que je n’ai pas et que j’apprécie. Ne lui dites pas sinon elle va prendre le melon?!?;-) Nous sommes très complémentaires.
Vous avez un rituel interne “qui vous ressemble” ?
Geoffrey Oriol : Oui. Dans mon équipe force de vente, j’ai une réunion chaque semaine et quand nous avons le temps, je clôture la session avec un jeu qui s’appelle le totem et qui consiste à faire le totem d’un membre de l’équipe. Chacun tire sept cartes “qualité” et sept cartes “animal”. On doit alors choisir une carte pour chaque catégorie qui correspond le mieux à la personne. Ensuite cette dernière classe les cartes de “ça me ressemble beaucoup” à “ça me ressemble moins”. C’est un jeu fédérateur, pour mieux apprendre à se connaître mais aussi voir comment les autres nous perçoivent, l’image qu’on dégage.
C’est un jeu basé sur la bienveillance. Ça fera sourire mon équipe quand ils liront cette interview car ils détestent quand j’utilise ce mot alors qu’ils l’appliquent chaque jour sans l’assumer.
Qu’est-ce qui vous rend le plus fier professionnellement aujourd’hui ?
Geoffrey Oriol : Être en phase avec mes valeurs et qui je suis. Au travail, je ne joue pas un double rôle. Je suis moi-même. On me dit souvent qu’une de mes caractéristiques, c’est ma franchise. J’en suis fier dans un monde qui se “polisse” toujours plus, et où les gens disent rarement ce qu’ils pensent — sauf quand ils sont cachés derrière un ordinateur. Je considère que c’est en communiquant avec franchise qu’on avance, que ce soit dans la vie de tous les jours comme en entreprise.
Qu’est-ce qui vous met en colère professionnellement ?
Geoffrey Oriol : Que ce soit professionnellement ou personnellement, j’accorde beaucoup d’importance à la droiture et au fait d’être juste. Je dirai donc l’injustice. Nous travaillons dans l’humain, nous rencontrons très souvent des personnes incroyables et malheureusement parfois, nous tombons sur des gens moins honnêtes. De mon côté, je m’applique à être juste avec mes équipes. Je fais très attention à traiter chacun avec la même exigence et la même considération.
BOÎTE À QUESTIONS
Votre toc avouable ?
Geoffrey Oriol : Je ne suis pas très à l’aise quand il y a du bazar, des choses qui traînent. Que ce soit matériel ou dans mon esprit. Ma “to do” est rarement très pleine car j’essaie de faire les choses au plus vite. Idem pour mes mails, WhatsApp… je les lis tous et je ne laisse pas traîner. Ceux qui ont 300 mails non lus dans leur boîte de réception, je ne sais pas comment ils font !
Votre super-pouvoir ?
Geoffrey Oriol : La transparence et la franchise. C’est rare aujourd’hui.
Votre talon d’Achille ?
Geoffrey Oriol : L’impatience. Quand je demande quelque chose, j’aime que ça avance vite.
Si Magnitude était un objet, ce serait… ?
Geoffrey Oriol : Un livre. Un livre entamé, mais avec encore plein de belles pages à écrire.
Si Magnitude était un film ?
Geoffrey Oriol : Les Collègues. C’est une bande de copains, pas forcément les favoris ou ceux sur qui on va miser en premier, mais qui réussissent grâce à l’entraide, un peu de malice et beaucoup d’esprit d’équipe.
Votre plus grand luxe du quotidien ?
Geoffrey Oriol : La liberté d’organiser mes journées comme je l’entends, parce que j’ai la confiance de ma direction. Et surtout : pouvoir faire un métier que j’aime tout en voyant grandir mes enfants.
Votre rapport à l’ESG / B Corp chez Magnitude ?
Geoffrey Oriol : C’est une conscience : faire du business, oui, mais en gardant en tête qu’on vit sur la même planète. Je suis fier de travailler dans une entreprise qui a cette volonté de faire mieux à son échelle, même en sachant que notre activité est liée à la consommation. Cette lucidité, et cette envie d’améliorer, comptent beaucoup pour moi.
Votre combo “reset” après une grosse semaine ?
Geoffrey Oriol : Un combo run avec une bonne playlist dans les oreilles au coucher de soleil, puis un gros câlin de mes deux petits garçons : la semaine de boulot est loin là déjà.
Le conseil le plus utile qu’on vous ait donné ?
Geoffrey Oriol : Ne pas me reposer sur mes acquis.
Votre définition du succès ?
Geoffrey Oriol : L’esprit d’équipe. Le talent peut gagner des matchs, mais le collectif et l’intelligence gagnent des championnats. C’est de Michael Jordan, et je trouve ça très inspirant.
Et pour finir, une punchline pour donner envie de travailler chez Magnitude ?
Geoffrey Oriol : Travailler chez Magnitude, c’est avoir un vrai rôle à jouer, dans un cadre épanouissant, avec de la bienveillance et de l’exigence qui te font grandir.
Derrière son rôle de pilotage, Geoffrey Oriol garde un point fixe : rester connecté au terrain, parce que “c’est là que tout se passe”. Sa boussole est limpide : la confiance, la franchise, l’exigence juste — et l’idée que la performance durable se construit avec des personnes considérées, accompagnées et responsabilisées. C’est aussi ce qu’il défend lorsqu’il parle de Magnitude : une expertise humaine, une transparence sans fard, et un soin réel porté à chaque dossier.
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